Cette vanité* restitue une partie des billets ayant été publiés sur le site Les Moissonneuses, créé le 1er août 2006 par Jenny Suarez-Ames et deux copines (Kelp et La Rubia, semblerait-il), puis co-administré — si j'ai bien compris — à partir d'août 2007 par le colonel Alfredo Smith-Garcia, qui vaporisa l'ensemble le 23 janvier 2009.
Certains billets sont bien complets de leurs commentaires, mais la plupart, non : on a fait avec ce qu'on avait.
Comme je suis une truffe en informatique, la mise en page est parfois bousculée, différente de celle d'origine. Si certaines images manquent, c'est qu'elles ont disparu des serveurs qui les hébergeaient. Quant aux liens internes des messages, la plupart ne fonctionnent évidemment plus.
Mr Paic-Machine nous signale aimablement que l'on trouve d'autres archives des Moiss' .

* Les mots en italiques sont dus à l'intelligence de l'Anonyme historique d'autres blogues, fruits plus ou moins ancillaires des Moissonneuses.

vendredi 12 février 2010

Mars 2008

samedi, mars 29, 2008

Robespierre, reviens, ils sont devenus fous !


Il y a en France, dans chaque ville, des avenues Thiers. Vous chercherez, en vain, la même chose pour Robespierre, à la notable exception d’Arras, sa ville natale. Pourquoi un tel traitement de faveur pour le massacreur de la Commune, « le nabot monstrueux » dont parle Marx, qui réduisit par le carnage, et sous le regard d’une puissance étrangère, l’espérance révolutionnaire et émancipatrice de tout un peuple ? On estime à 23 000 le nombre de morts pendant la répression de la Semaine Sanglante de juin 1871 dont est directement responsable Thiers, cette incarnation parfaite du « transcendantal pétainiste » français dont parlait récemment Alain Badiou (1).
Robespierre, lui, sa cause est entendue, et depuis longtemps. C’est un genre de Staline avant l’heure, qui préfigure les totalitarismes modernes. Que Robespierre, lui aussi, ait été assiégé par des puissances étrangères qui finançaient la contre-révolution armée des Vendéens sur son propre sol mais qu’il ait résisté et que malgré tout, il ait réussi à préserver l’essentiel des acquis de la Révolution et à les amplifier (il s’est prononcé contre l’esclavage, la loi martiale ou pour le suffrage universel sans condition de fortune), tout cela est passé à la trappe mémorielle. Robespierre, c’est l’homme de la Terreur, un point c’est tout. Quand bien même cette fameuse Terreur a fait très précisément 1366 morts entre le 10 juin et le 27 juillet 1794, date du pustch des thermidoriens, un genre de coalition de financiers sans scrupule et de profiteurs de guerre, ou si vous préférez, des Serge Dassault de l’époque alliés à des Vincent Bolloré.
Heureusement, un livre paru ces jours-ci vient nous rappeler opportunément qui était Robespierre et son actualité foudroyante à travers une anthologie de ses discours. Il s’agit de Robespierre, entre vertu et terreur, préfacé par Slavoj Zizek (2). Ce philosophe slovène n’a pas bonne presse. Il a été l’objet récemment, avec, comme par hasard, Alain Badiou, d’une rafle médiatique. Ces deux penseurs ont commis une faute majeure : ils expliquent de manière assez convaincante pourquoi la démocratie bourgeoise n’est pas forcément un régime indépassable et que les grands bouleversements sociaux et écologiques qui s’annoncent à cause de la déraison capitaliste, ne vont pas se régler avec les tics de Sarkozy ou le sourire de Ségolène ou même les gesticulations d’un facteur, trotskyste de salon, bientôt invité chez Drucker.
Que nous dit Zizek à travers Robespierre ? Qu’il faut réapprendre à penser radicalement pour changer radicalement le monde. Que la justice égalitaire, il faudra peut-être avoir le courage de l’imposer. Et, comme le proclamait Robespierre dans son ultime discours, avant son arrestation : « Citoyens, vouliez-vous une révolution sans révolution ? »
Ou nous aurons le courage de répondre à cette question, ou reviendra le temps de Thiers.


Jérôme Leroy
Le talon de fer
Liberté Hebdo


(1) De quoi Sarlozy est-il le nom de Alain Badiou (Lignes, 14 euros)
(2) Stock, collection « l’autre pensée », 20 euros.

vendredi, mars 28, 2008

La Moissonneuse diabolique

Venez donc voir Joan Crawford trucider des gens à la hache dans La Meurtière diabolique (j'aime ces affiches et ces titres qui ne mentent pas sur la marchandise) le 17 avril prochain à la filmothèque Champollion, dans le 5e, à 20 heures (attention, projection unique).
Et puis au passage dites-nous ce que vous pensez du nouveau louque de cet autre blogue, là. Toutes vos réflexions (à part "bah c'est blanc c'est plus noir, nan?") sont les bienvenues. Mais pas trop désobligeantes, sinon on appelle Joan Crawford.

PC: JSA sera à Lyon ce ouiquènde pour le festival Quais du polar. Vous la reconnaîtrez facilement à ses scopitones, sa clope, sa hache et/ou sa kalachnikov, et son air fatigué. Très fatigué.

mercredi, mars 26, 2008

Le jour où...

Un post sur l'alterblog pour ceux qui s'y rendent.
Je voudrais parler ici du Jour où mon père s'est tu, mais ça cloche, c'est trop près, ce n'est pas moissonnesque. Il y a trop de et si...

Quelques mots quand même sur le livre. Virginie Linhart, l'auteur, est la fille de Robert Linhart, l'établi, le fondateur du mouvement prochinois en France. Lu aussi il y a un bail Tigre en papier (Olivier Rolin, Seuil), et reconnu, avec l'aide d'un spécialiste, pas mal des poissons cités. Restent les deux tomes de Génération. Ça viendra.

Le jour où mon père s'est tu, pour faire scolaire et donner envie de le lire (Mother Mimosa est acquise à la cause), rapporte des rencontres avec les enfants d'anciens dirigeants maos, les purs et les vendus. Nous les enfants. Des témoignages bruts avec pour fil directeur sous-jacent, brut aussi, mais raconté pudiquement, la maladie du père. Celui qui a tant parlé et qui se tait soudain. Trouble bipolaire et témoignages: filez dépenser 16 euros pour comprendre.

Post insomniak et décousu.

[Virginie Linhart, Le jour où mon père s'est tu, Seuil, 16 euros (ça les vaut, croyez-nous).]

mardi, mars 25, 2008

Les nouveaux partisans

Écoutez les nos voix qui montent des usines
Nos voix de prolétaires qui disent y en a marre
Marre de se lever tous les jours à cinq heures
Pour prendre un car un train parqués comme du bétail
Marre de la machine qui nous saoule la tête
Marre du chefaillon, du chrono qui nous crève
Marre de la vie d’esclave, de la vie de misère
Écoutez les nos voix elles annoncent la guerre

Nous sommes les nouveaux partisans
Francs-tireurs de la guerre de classe
Le camp de peuple est notre camp
Nous sommes les nouveaux partisans

Regardez l’exploité quand il rentre le soir
Et regardez les femmes qui triment toute leur vie
Vous qui bavez sur nous, qui dites qu’on s’embourgeoise
Descendez dans la mine à 600 mètres de fonds
C’est pas sur vos tapis qu’on meurt de silicose
Vous comptez vos profits, on compte nos mutilés
Regardez nous vieillir au rythme des cadences
Patrons regardez nous, c’est la guerre qui commence

Nous sommes les nouveaux partisans
Francs-tireurs de la guerre de classe
Le camp de peuple est notre camp
Nous sommes les nouveaux partisans

Et vous les gardes-chiourmes de la classe ouvrière
Vous sucrer sur not’e dos, ça ne vous gêne pas
Vos permanents larbins nous conseillent la belote
Et parlent en notre nom au bureau du patron
Votez, manipulez, recommencez Grenelle
Vous ne nous tromperez pas, maintenant ça marche plus
Il n’y a que deux camps, vous n’êtes plus du nôtre
À tous les collabos, nous on fera la guerre

Nous sommes les nouveaux partisans
Francs-tireurs de la guerre de classe
Le camp de peuple est notre camp
Nous sommes les nouveaux partisans

Baladez-vous un peu dans les foyers putrides
Où on dort par roulement quand on fait les trois huit
La révolte qui gronde au foyer noir d’Ivry
Annonce la vengeance des morts d’Aubervilliers
C’est la révolte aussi au cœur des bidonvilles
Où la misère s’entasse avec la maladie
Mais tous les travailleurs immigrés sont nos frères
Tous unis avec eux ont vous déclare la guerre

Nous sommes les nouveaux partisans
Francs-tireurs de la guerre de classe
Le camp de peuple est notre camp
Nous sommes les nouveaux partisans

La violence est partout, vous nous l’avez apprise
Patrons qui exploitez et flics qui matraquez
Mais à votre oppression nous crions résistance
Vous expulsez Kader, Mohamed se dresse
Car on n’expulse pas la révolte du peuple
Peuple qui se prépare à reprendre les armes
Que des traîtres lui ont volé en 45
Oui bourgeois contre vous, le peuple veut la guerre

Nous sommes les nouveaux partisans
Francs-tireurs de la guerre de classe
Le camp de peuple est notre camp
Nous sommes les nouveaux partisans

Paroles et musique Dominique Grange

De la part des Moissonneuses pour Bémol, qui nous lit, Babeth — nous lis-tu? —, et ceux qui n'ont pas tourné glucksmaniens.
Et pour Virginie Linhart, évidemment.

Parce que c'était là-bas

L'autre chiennerie du temps c'est que depuis 1993 il est toujours 18h45 à la gare d'Étaples-Le-Touquet mais que je n'y suis plus.
Avenue Stoneham, rouvres, je vous aime.

Parce que c'était elle, parce que c'était moi


La seule vraie chiennerie du Temps, c'est de ne pas avoir eu vingt ans en même temps qu'Angie Dickinson(ou Catherine Spaak, cf de très vieux posts).
Par exemple, Angie, je l'aurais encontrée sur le tournage de Point Blank de John Boorman, en 1967.
En 67, j'avais trois ans. Et merde.
Angie, je t'aime.

lundi, mars 24, 2008

Et sinon...

... je viens de finir Le jour où mon père s'est tu et je n'arrive pas à dormir.
Précis, juste, bouleversant, introspectif, passionnant, intelligent, bipolaire, on en reparle à une heure décente.

Virginie Linhart, Le jour où mon père s'est tu, Seuil.

PC: et même à une heure quasi décente j'ai du mal à en parler. Mon petit camarade, qui sait pourquoi, le fera bien mieux que moi. Alfredo? Le devoir vous appelle...

Quizz noir





Dans les quatre polars ci dessus, cherche l'intrus. Une piste: trois sont des chef d'oeuvre qu'on peut relire (chose rare pour du noir) et l'autre est surtout fait pour les lecteurs du Modem. Si tu trouves, tu gagnes au choix un livre de Moisson Rouge, une bouteille de Quartz(un blanc naturel, je te dis que ça...), un week-end à Caracas avec le président Chavez ou une nuit avec une grande actrice blonde qui a joué dans Sea of love et qui est membre du parti communiste américain.

On vous reparle d'eux et de nous bientôt...

"J'ai récemment divorcé. A cette occasion, j'ai entendu dans la bouche de mon ancienne épouse des reproches sur ma façon d'être, de me comporter, qui m'ont beaucoup rappelé ce que je reprochais à mes parents [...]. Une façon d'être dogmatique, rigide dans les conversations, de juger les gens immédiatement, d'être en opposition systématique, d'avoir une hiérarchie des centres d'intérêt très exigeante, alliée à cette forme de conviction d'avoir trop souvent raison: c'est la conséquence directe d'une éducation dispensée par une minorité politique convaincue d'être à l'avant-garde."

[Témoignage de Jérôme Sainte-Marie in Virginie Linhart, Le jour où mon père s'est tu, p.109]


"À l'adolescence, j'ai explosé, je suis sortie de mon carcan familial; c'est bizarre de dire carcan parce que tu imagines les enfants de familles catholiques réactionnaires vouloir sortir de leur carcan, mais la liberté totale, c'est aussi un carcan."

[Julie, idem]



"Sur les photos j'ai l'air triste et sombre, comme si toute cette farandole autour de moi, qui était assez joyeuse, j'en percevais le tragique."


[Juliette, ibid]



La lecture est parfois une activité effrayante.
J'y retourne.

On vous reparle de lui bientôt.....




......il y a urgence.

dimanche, mars 23, 2008

Pâques Rouges


ALLELUIA! SOYEZ JOYEUX CAR IL EST RESSUSCITE!
EN VERITE JE VOUS LE DIS: IL EST VIVANT! ALLELUIA!

samedi, mars 22, 2008

Anatomie d'un gros con

Un camarade blogueur littéraire nous signale amicalement que des commentaires fielleux ont été déposés chez lui sur des chroniques de livres d'un certain écrivain que les Moissonneuses apprécient. Pas la peine d'être de la DGSE pour piger que ce corbounet (qui a le culot de mettre en lien les Moissonneuses) n'est autre que la célèbre, l'inénarrable, la filandreuse kouyemolle ébroïcienne, oui, celle qui pontifie joyeusement sur son gloubiblogue sur les méfaits du chavisme, Bernanos, le Parti socialiste, la sociale démocratie, le ktolicisme ultra et les Flamby, dans une confusion mentale qui ferait passer le MoDem pour un parti aux idées claires.
Ainsi, monsieur se déclare socialiste (militant, même) mais tient des propos finkielkrautiens sur l'éducation version kto dans la teuci. Monsieur fait semblant d'aimer les filles mais pue la frustration sexuelle, monsieur reproche les famapouales sur ce blogues mais se branlouillait sur Dita dans son myspace à l'époque où il se déclarait notre ami, monsieur est un gros con au propre comme au figuré. Enfin quand on dit au propre... Et puis monsieur se déclare démocrate et censure à tout-va.

Alors puisque notre commentaire sur un post blondinoïde qui nous est manifestement adressé a été supprimé, allons-y gaiement, publions-le ici:

Se servir d'un écrivain comme Blondin pour dénoncer ses anciennes amitiés à travers des allusions tellement obscures est totalement absurde: tu peux t'amuser à ça avec tout: les chipolatas, le marxisme, le roman noir, le chocolat blanc ou les cantonales. Mais il est vrai que ça ne te gêne pas. Entre la censure que tu pratiques allègrement quand ça t'arrange et ton manque de courage dans les attaques ad hominem, il y a juste la place pour ta grande confusion intellectuelle, ton aigreur, ta rancoeur. Nous te rappelons en plus que pour un Vendredi Saint, un kto comme toi devrait à notre avis faire preuve d'un peu plus d'épaisseur spirituelle. Mais il est vrai que nous ne sommes que des révolutionnaires de salon alcooliques trop contents de nos hochets sociaux. Faudrait voir à varier tes métaphores, mais n'est pas Blondin qui veut...

PC, dukon: c'est pas beau l'anonymographie.

Il n'y a pas de hasard

Les Moissonneuses lisent et recommandent Le jour où mon père s'est tu, de Virginie Linhart (Seuil).

Elles recommandent aussi Le Crépuscule des stars, évidemment.

Un triste anniversaire






Il y a quarante ans pile, un rouquin payé à la fois par la CIA, Pompidou, Mendès et Mitterrand créait un mouvement dit du 22 mars dont la principale occupation fut de déstabiliser avant même qu'elle ne commence la grande Révolution Culturelle Française, où l'on aurait vu côte à côte, gaullistes historiques et communistes faire feu sur le quartier général du capitalisme.
Le rouquin a réussi son coup: la France n'est plus aujourd'hui qu'une colonie libérale libertaire de l'Empire au lieu d'être la patrie de toutes les révolutions, le Vénézuela de l'Europe.
Vous lirez tout cela prochainement dans une nouvelle posthume d'Alfredo Smith Garcia, "Azimut 68" à paraître dans une anthologie sur le complot menée par Olivier Delcroix au Cherche-Midi.

Qu'ajouter?

vendredi, mars 21, 2008

Montreuil: le cauchemar vert continue

Dans le monde entier, des brigades se constituent pour sauver Montreuil du fascisme vert
Voilà la ration hebdomadaire des communistes montreuillois emprisonnés.
La nouvelle conducator de Montreuil mène une répression impitoyable

Alors que les yeux du monde sont braqués à cause d'une propagande antichinoise délirante sur le Tibet où les forces de Pékin résistent héroïquement à l'assaut théocratico-fasciste de bouddhistes fanatisés et drogués, une ville française de 100 000 habitants, naguère symbole du communisme municipal, est passée sous la coupe d'une dictature verte, où la sénatrice Voynet, devenue mairesse, se livre à une traque sans pitié des "rouges", abattus à chaque coin de rue, forcés de devenir végétariens, voire de boire des jus de fruits....
Communistes de tous pays, il est tant de créer des brigades internationales et d'aller libérer la ville puisque l'ONU, malgré les demandes réitérées de Chavez, de Raoul Castro et d'Evo Morales, s'obstine à ne rien voir.....

Vendredi Seins




Une curiosité pour Bémol

Avec cette quatrième de couverture irrésistible :
"J'ai voté Nicolas Sarkozy mais je dors mal depuis."

Bémol (ou votre fantôme), nous attendons votre verdict.

[NdB: Je n'ai pas voté Nicolas Sarkozy, mais je ne dors pas très bien pour autant non plus.]

jeudi, mars 20, 2008

Du génie de Robert Bloch













Le monde des ténèbres

le boucher de Chicago
L'écharpe
Psychose

Ces quatre titres, parmi beaucoup d'autres,plus ou moins disponibles en Série Noire ou dans la mythique collection Red Label, vous prouveront, si besoin était que Stephen King, Dean Koontz mais aussi Ellroy et tous leurs épigones qui mêlent roman noir et exploration de la folie de l'intérieur, portraits de serial killers et réalisme fantastique, eh bien tout ce petit monde a eu un précurseur génial: Robert Bloch. Bloch, c'est une littérature à la jugulaire, comme il y a une littérature à l'estomac selon Julien Gracq.
Et c'est un des meilleurs romans de Bloch, Le crépuscule des stars, que vous propose Moisson Rouge.
Quand on vous donne 360 pages de caviar noir pour 14 euros 50, on ne fait pas la fine bouche.
Ou alors, on va lire Guillaume Musso et on va voter Modem.

Le Crépuscule des stars, c'est aujourd'hui en librairie.
Le Crépuscule des stars, c'est ici et maintenant.
Pour tout achat avéré, un autographe du président Chavez.

NdE: un post partiellement repompé sur celui-là (qui est excellent, merci Alfredo), est à lire ici et maintenant.

mercredi, mars 19, 2008

J - 1


« Roman policier ou pas ? La question, pour moi, n’a aucun sens. Robert Bloch, près de trois cents pages durant, nous fascine, nous émeut, nous couvre de frissons, nous surprend, nous laisse pour finir pantelants d’une bienheureuse angoisse. Une œuvre prométhéenne, admirable et admirablement traduite par Jean-Paul Gratias. »
(Michel Lebrun)

Plus d'informations sur ce livre que nous vous enjoignons, avec la gentillesse et la fermeté que vous nous connaissez, d'acheter, ici.

PC pour les amateurs éclairés: les deux couvertures sont signées Romain Slocombe.

mardi, mars 18, 2008

Montreuil: la férocité de la répression écolo

La nouvelle mairesse de Montreuil indigne déjà la communauté internationale
Cet enfant en larmes était la fille d'un responsable pcf montreuillois arrêté le matin même.
Les milices vertes n'ont pas tardé à exercer la répression et à rénover la signalisation urbaine.

A peine arrivée dans la mairie de Montreuil, la khmère verte Voynet a ordonné une véritable chasse aux communistes.
Toute personne, homme, femme, enfant, automobiliste, soupçonné d'avoir eu partie liée avec l'ancienne municipalité, est abattue à vue par des Verts ivres de sang, de thé au jasmin et de tofu bio.
Quelques rescapés, qui ont réussi à passer au dessus des grilles du consulat du Vénézuela témoignent des exactions quotidiennes des nouveaux ayatollah décroissants

Dernières nouvelles de l'Au-delà:Aragon va bien.


Louis Aragon se déclare très heureux du numéro spécial de l'Humanité qui lui est consacré, accompagné d'un DVD. On peut se procurer le tout en écrivant au journal. On peut aussi le lire.
Par exemple, quand il écrit dans l'Huma du 14 juillet 1934, "Quand vous criez 'Les Soviets partout!', ce n'est pas un espoir lointain, donc que vous exprimez: c'est véritablement un mot d'ordre que vous lancez, un mot d'ordre de lutte, et de lutte immédiate."

PC: Robert Bloch, quant à lui, exulte de voir son sublime Crépuscule des stars (qui était son livre préféré) enfin réédité dans une maison écarlate, par une équipe morte et handicapée, certes, mais sexy et tenace.

"Je vous demande de vous arrêter"...

... , dit JSA, vouvoyant la douleur.

lundi, mars 17, 2008

Lhassa, Calais, Montreuil, Stalineville-sur-mer: le temps du malheur

La courageuse armée poulaire chinoise protège un honnête tibétain de la furie fanatique de bouddhistes réactionnaires
Des Montreuillois inquiets regardent les Voynétistes parader sans vergogne et s'apprêter à casser du rouge
la secrétaire générale du parti communiste d'Ibiza était présente à Stalineville sur mer pour les obsèques d'ASG qu'elle a très bien connu lors d'une partie de pêche au gros à Cuba.
asg depuis l'au-delà




Malgré la courageuse intervention de l'armée populaire chinoise pour mettre au pas la poignée de théocrates bouddhistes tibétains (genre de ktos dans la teuci à 8000 mètres d'altitude) qui voulaient entraver la marche du progrès en mettant Lhassa à feu et à sang, de bien mauvaises nouvelles sont tombées ce dimanche pour le camp marxiste léniniste. Ainsi, la ville de Calais a été reprise au Parti par une coalition hétéroclite de libéraux et de fascistes, quant à celle de Montreuil, la bouffeuse de soja Voynet, la sénatrice verte aussi opportuniste qu'une maladie sur un immunodéficient a poutché notre camarade Brard pour mieux chasser le peuple et boboïser la vieille cité ouvrière.
Et puis, la disparition de notre camarade Smith-Garcia a achevé de consterner les combattants révolutionnaires des cinq continents. Triste dimanche, décidément.

Déjà les rumeurs...

Accablée par la mort brutale du colonel Smith-Garcia, la commandante Dinah Suarez-Ames n'aurait pas repris du Whiskas.

R.I.P.


Alfredo Smith-Garcia a été abattu de plusieurs balles de 9MM par une conjuration d'hystériques, de kto dans la teuci et de balances fascisantes jalouses. Ces derniers temps, il se sentait menacé. Le président Chavez a décrété une journée de deuil national, le PCF déplore la disparition d'un combattant anticapitaliste de premier plan, l'association des cavistes et viticulteurs bio (ACVB) a déclaré: "Heureusement qu'il nous reste Lapaque!"
De l'au-delà, ASG nous indique: "il semblerait que Dieu existe mais les croyants le font tellement vomir qu'il a décidé de nous laisser nous débrouiller. "Vous y arriverez très bien avec le marxisme léninisme", m'a dit Dieu avant de retourner boire un canon avec Antoine Blondin et Che Guevara."
Les obsèques d'Alfredo Smith-Garcia auront lieu dans la plus stricte intimité à Stalineville sur mer, dans la seule présence de ses 343 maîtresses* et de ses éditeurs ruinés par ses tirages calamiteux qui pourront vérifier qu'il est bel et bien mort, cette enflure.

*Jalmince canal historique dément ce chiffre délirant (NdJCH).

dimanche, mars 16, 2008

La fin d'une epoche



Mélancolie printanière, maladies non-identifiées, marxisme-léninisme, Salon du livre et quatorzième degré ne faisant pas forcément bon ménage, nous nous sommes permis un éloignement dont nous ne savions pas s'il serait temporaire ou définitif.
Sinon, c'était le second tour, pas pu aller voter pour cause d'analgésiques paralysants, de ceux qui maintiennent dans la position (du tireur) couché(e).
Alors merde, salut camarades, un retour (provisoire?) des Moissonneuses avec scopitone et Ava, pour que l'on pardonne à Miss One shoulder son manque de civisme déplorable...

jeudi, mars 13, 2008

L'adieu aux armes

Lazare Ponticelli est mort.
Comme quoi, il est vraiment temps d'arrêter.
Ciao.

mercredi, mars 12, 2008

Adios Shéhérazade

Pour de bon, probablement.

mardi, mars 11, 2008

Mouaistlake

Fini Personne n'est parfait, de Westlake, et l'ai déjà oublié. Contrairement à l'hilarante turbidité de Dégât des eaux et au saint fémur d'Histoire d'os. Camarades, pardonnons à Westlake ses faiblesses, pardonnons-lui surtout la plus douce, celle qu'il a pour ses personnages, celle qui tire du néant le plus total Les Sentiers du désastre et, saut-périlleux arrière, Personne n'est parfait...
Et précipitez-vous sur le sublime Adios Shéhérazade enfin réédité (par Rivages/noir).
NB: Contient des famapouales, de la littérature et de la pornographie.

Le talon de fer...


... est la chronique que tient le camarade Leroy dans Liberté Hebdo, petit canard rouge du Nord, et dont on peut trouver toutes les archives ici.
Heureux lecteurs, les Moissonneuses continueront évidemment à vous réserver l'exclusivité de cette chronique.

[Que le prolétariat, pas Dieu, pardonne ses fantaisies à l'iconographe]

Aphrodite vote communiste

On se doutera que ce "Talon de fer", du camarade Leroy (amicalement dénoncé ici), est paru dans Liberté hebdo avant les élections...

Dimanche, je vais voter communiste.
On se dit que ça devient rare, les pays où l’on peut voter communiste. Ça doit être ce qu’on appelle les progrès de la démocratie, comme dirait Alain Minc. L’abandon des vieilles idéologies qui nous ont fait tant de mal, et patati et patata… Quoique : figurez-vous qu’il existe un état de l’Union européenne où un président communiste a été élu au second tour, au suffrage universel. Si, si, c’est à Chypre et le nouveau chef de l’État s’appelle Dimitris Christofias. Ça doit faire mal à Alain Minc, ce retour des vieilles idéologies. Chypre, avec un président communiste. C’est normal, finalement : dans la mythologie, Chypre était l’île d’Aphrodite, déesse de l’amour.
Nous, ça nous fait une nouvelle terre promise : l’an prochain, tous à Nicosie…
Dimanche, je vais voter communiste.
Si par hasard j’avais eu des doutes, Le Monde de la semaine dernière offrait pour 9 euros 90 un volume de Marx, avec les Manuscrits de 1844, le Manifeste et des extraits du Capital. Ils font ça depuis quelques semaines, proposer en supplément un grand philosophe le vendredi. Le samedi, c’est un DVD. La presse bourgeoise ne se porte pas très bien. Pour nous convaincre de lire sa prose sociale libérale ou libérale sociale ou libérale libertaire ou carrément libérale libérale, ils sont prêts à nous vendre n’importe quoi.On attend avec impatience le supplément sex-toys pour les solitaires, le supplément serviette de bain pour aller bronzer à Chypre (vous savez, l’île communiste d’Aphrodite), le supplément savoir vivre à l’époque du sarkozysme (tome 1 : comment se comporter au salon de l’agriculture.) Et puis trouver Marx avec le Monde, ça a quelque chose d’étrange, comme arriver en 4X4 diesel à une réunion écolo ou avec des idées claires sur une liste du Modem.
Dimanche, je vais voter communiste.
Je lis dans les Manuscrits de 1844 : « Le pouvoir est donc le pouvoir de gouverner le travail et ses produits. Le capitaliste possède ce pouvoir non pas en raison de ses qualités personnelles ou humaines, mais en tant que propriétaire du capital. Son pouvoir, c’est le pouvoir d’achat de son capital auquel rien ne peut résister. » Dites-moi, mais dites-moi donc pourquoi ces lignes me font penser au scandale des affameurs de la grande distribution ou encore au bandit de grand chemin Gautier-Sauvagnac, ex-premier porte flingue du Medef, que ses potes grands patrons virent discrètement et à qui ils donnent un million et demi d’euros pour qu’il ne fasse pas le bavard à propos des valises de billets qu’il retirait des coffres-forts de l’UIMM.
Eh ! Coppola, si tu n’as pas d’idée pour tourner le Parrain IV, viens en France et remplace Al Pacino par Laurence Parisot. Tu verras, ça ira très bien.

Dimanche, je vais voter communiste. Comme Aphrodite.

Jérôme Leroy, "Le talon de fer", Liberté Hebdo.

lundi, mars 10, 2008

Sans OGM

Maintenant qu'on est content de la Moisson rouge du premier tour, on va se concentrer à nouveau sur l'autre, car — dois-je te le rappeler, camarade? l'édition indépendante elle a besoin de toi.
Alors ta mission, camarade, c'est de te procurer,
d'ici le 20 mars, 14 euros (seulement), on t'expliqueras pourquoi bientôt.

(Et tout simplement, dans un premier temps, parce que si tu ne le fais pas, camarade, plus de famapouales, plus de scopitones, plus de ouiquèndes gratosses à Stalineville-sur-mer, et tournée générale de Château Kouyemolle [Bordeaux cuvée Modem]. Tu n'aimerais quand même pas qu'on en arrive là?)

Jouer avec le feu

Aujourd'hui j'ai suivi la leçon 40 à cause de l'écrasante mention PS sur le bulletin (et scopitoné avant travaux pour me faire pardonner).

Le Parti leur dit merci

Vaux: le marxisme est un plaisir
Arles ou le souvenir de Paul-Jean Toulet et de Georges Marchais

Martigues: la lutte des classes est toujours d'actualité







Vierzon: le socialisme réèl




Dieppoise léniniste


Des kouyemaules divers gôche anonymographes et kto annonçaient dans leurs filandreuses malédictions la fin du PCF. Contentons-nous de leur signaler que le PCF, ce cher et vieux parti, garde ou conquiert, dès le premier tour, les jolies villes suivantes:
Dieppe, Vierzon ,Vaux en Velin, Martigues, Arles....

dimanche, mars 09, 2008

Proposition à Robert

Serait-il possible, dans le cadre d'une hypothétique réforme de la langue française, d'en faire disparaître le mot "charité", qui a le don (peu chrétien) de nous (myo)stresser ?

Journée de la quoi ?

JSA avoue ignorer qu'aujourd'hui était la journée de la femme. D'ailleurs, comme la jeune repasseuse ci-dessus en dessous, elle s'en fout, car elles iront toutes deux voter PCF demain.

Elle vote communiste, fais comme elle.



Fatiguée par sa lutte contre le patronat et par la journée des femmes, invention féministe bourgeoise pour détourner les camarades à forte poitrine de la lutte des classes, cette militante lit la presse du Parti et demain remplira son devoir électoral pour assurer une présence massive des candidats du PCF dans les conseils municipaux.

samedi, mars 08, 2008

En cabine

Là, j'appelle une copine qui hésite à voter PCF.

La grande tempête léniniste des municipales.

Reprendre Le Havre....
reprendre Dieppe....
reprendre Sète....
c'est possible grâce à la pensée du génial Vladimir Ilitch.








Le PCF, dans sa glorieuse politique de reconquête, peut espérer reprendre dimanche LE HAVRE, DIEPPE, SETE, entre autres...
Quelques candidates PCF et maritimes vous invitent à cette reconquête et, en buvant une coupe de zéro dosage, à méditer ces phrases du grand Lénine:
"On sent partout l'approche de la grande tempête. Fermentation et préparation dans toutes les classes de la société."

Lénine, Le gauchisme, maladie infantile du communisme.

vendredi, mars 07, 2008

Communiqué Marchais 2012 en vue des élections municipales.






Nous sommes jeunes, belles, sexy et nous avons compris la lutte des classes, le matérialisme historique et la baise tendancielle du taux de profit.
Alors nous voterons dimanche, sans hésitation, comme toutes nos camarades du courant "marxisme et lingerie", pour les listes où figurent les candidats sympathiques et révolutionnaires du
PARTI COMMUNISTE FRANCAIS.
Toi aussi, vote PCF et viens nous rejoindre pour une bonne soirée électorale autour d'un zéro dosage et de la lecture d'extraits des Manuscrits de 1844.

jeudi, mars 06, 2008

Quand on vous dit qu'il n'y a pas de hasard

Devinez quelle chanteuse introduit la lecture d'un extrait des Vies parallèles...
HhahAHhahAhaHAhahAhaHAha.
Oh yeah!

Il n'y a plus d'après

"Celui qui vient après moi est plus fort que moi."

Je ne suis pas digne de te recevoir....






..... mais dis seulement une parole et je serai guéri....

La plus belle pour la fin du monde....




....et pour aller danser dans l'éternel présent de l'émancipation révolutionnaire.Nous sommes les dieux de ces plages-là: le temps est de notre côté.

mercredi, mars 05, 2008

Marquétingue moderne

Bon, les gens, maintenant ça rigole plus, on a deux livres en stock (demain trois), et pas des moches, alors si vous voulez aller voir la dégaine du nouveau, c'est par là... J'ai dit "si vous voulez"? Erreur grossière. ALLEZ LÀ.

mardi, mars 04, 2008

Conjuratoire

On évoquait décousu, mercredi ou jeudi dernier, le Journal de Matthieu Galey, dont le second tome (1974-1986) prend la poussière depuis treize ans dans ma bibliothèque.
Il commence le 13 janvier 1974, onze mois et quatre jours avant ma naissance. L'auteur, lui, meurt douze ans et un mois plus tard.

13 janvier

Cette année qui vient, je la regarde en chien de fusil. Ce sera elle où moi.

Banier, au restaurant. Déchaîné. Presque épileptique. Il renverse la table, manque de blesser Jacques Grange avec un couteau à poisson et dit des insanités absurdes aux domestiques. Une fois de plus, je constate leur amusement, à peine scandalisé. Les gens s'ennuient tant qu'ils acceptent tout, si on les divertit. Cela fait de quoi raconter. B. prétend que l'autre jour, chez Madeleine Castaing, il a pissé subrepticement dans la théière et servi de l'urine chaude à toute la compagnie. Incroyable, évidemment. Mais il a l'air d'y croire comme un gosse qui s'entête. Pour un peu, il se fâcherait.

Marie Laurencin détestait Romains. Quand elle lui parlait (Jouhandeau dixit) elle l'interpellait, en faisant siffler les consonnes comme un serpent: "Dites-moi, monsieur Jules Romainsss..."

[Matthieu Galey, Journal (1974-1986), Grasset, 1989]

On finit toujours par lire les livres qui traînent dans sa bibliothèque. Je commence ce soir.

French touch

Dimanche, comme chaque fois, nous irons voter PCF, vous savez, le dernier parti où le terme "Français" demeure.
Réacs patriotes? Oui.

Piqûre de rappel




"LA REPUBLIQUE NE RECONNAÎT, NE SALARIE NI NE SUBVENTIONNE AUCUN CULTE."

Article 2 de la loi du 9 décembre 1905

lundi, mars 03, 2008

Quand un trotskiste dit de jolies choses






extrait du livre de Eric Hazan, Changement de propriétaire(1) ou l'auteur interroge Daniel Bensaïd sur Marx et Le Capital:

C'est une grande oeuvre littéraire dont l'un des rares équivalents serait A la recherche du Temps Perdu. Ca peut paraître bizarre mais c'est la même construction: chez Proust on part de la madeleine, et, en l'ouvrant, il en sort tout un monde, le côté de Méséglise et le côté de Guermantes, etc...Et Marx part de la marchandise, de ce qu'on a sous la main de plus banal, un crayon, une paire de lunettes-on ouvre ça et il en sort, comme du chapeau d'un magicien, le travail abstrait et le travail concret, la valeur d'usage et la valeur d'échange, le capital constant et le capital variable, le capital fixe et le capital circulant....: tout un monde là aussi! Et la boucle est bouclée, on a d'un côté le Temps Retrouvé et de l'autre, au bout du cycle de la production, de la circulation et de la reproduction, on retrouve le Capital en chair et en os et non plus à l'état de squelette, le Capital comme grand sujet vivant de la tragédie moderne.


(1) Seuil, 2007, 15 euros, remarquable chronique politico-philosophique des premiers mois du sarkozysme. L'auteur est aussi l'éditeur de La Fabrique où l'on peut lire L'insurrection qui vient du Comité invisible dont il fut souvent question ici: on reste en famille.



dimanche, mars 02, 2008

À demain, Fidel !

CUBA CASTRO

Castro s’en va. On nous permettra une certaine tristesse. J’ai pour fond d’écran, sur mon ordinateur, une photo du leader maximo. Ce n’est pas une photo de l’époque héroïque de la Serra Maestra ou de l’entrée à la Havane en 59, c’est une photo de juin 2006, certainement peu de temps avant qu’il ne tombe malade. Il est à une tribune, pris de trois quart, il fait face à l’objectif, il rit franchement. On voit que c’est un vieil homme, mais un vieil homme heureux. Contrairement aux idées reçues, les révolutionnaires sont des gens plutôt joyeux. Pour Castro, il y a de quoi. Pendant cinquante ans, il aura tenu tête à la première puissance du monde, à un nombre incalculable de tentatives d’assassinat, à des débarquements, des déstabilisations, des calomnies. Puis à la défection de son principal allié pour cause du chute de mur de Berlin. Et pourtant, alors que le Tiers-monde s’abîme aujourd’hui dans le génocide néolibéral, Castro, lui, laisse un peuple disposant d’un des meilleurs systèmes de santé du monde, à faire pâlir d’envie l’accidenté du travail étasunien ou le chômeur mancunien de sa Très Gracieuse Majesté. Il laisse aussi une population qui connaît un tauGUANTANAMO_vmed_4p.widec.jpgx d’alphabétisation exceptionnel quand on sait qu’un pays riche comme le nôtre envoie un élève sur cinq qui ne sait pas lire en sixième. Bien sûr, il y a la question des droits de l’homme. C’est vrai : il existe à Cuba depuis cinq ans une prison où des centaines d’individus de toutes les nationalités sont enfermés souvent sans preuve et toujours sans jugement. Ils sont torturés systématiquement, privation de sommeil, isolement sensoriel, camisole chimique, j’en passe et des bien pires. C’est un véritable scandale, un symbole de la barbarie contemporaine, et cet enfer cubain a pour nom Guantanamo. Ah, oui, mais bon, il y a comme qui dirait un problème : Guantanamo est une base américaine, une espèce d’épine géographique dans le talon de Cuba depuis les débuts de la Révolution. Fidel s’en va. On va se sentir seul. Même avec une grande mansuétude marxiste-léniniste, il est difficile de considérer la Corée du Nord comme un modèle. Quant à la Chine dite populaire, elle n’a gardé de communisme que le nom pour créer ce monstre idéologique hybride : le stalinisme de marché. Tout est perdu, alors ? Mais non, comme dans les romans de chevalerie, Fidel a eu le temps de passer le relais et de transmettre l’Excalibur de la Révolution à un chavez.jpgautre homme des Caraïbes qui a décidé que la santé, l’éducation, les transports, la souveraineté alimentaire ne sont pas monnayables et que les richesses sont faites pour être redistribuées. Alors, je vais changer mon fond d’écran. Fidel s’en va, oui, mais Chavez arrive. Les héros du peuple sont immortels !


Jérôme Leroy, "Le talon de fer"

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